Débrayer, engager la première et accélérer. Recommencer : débrayer, deuxième, troisième, quatrième... une montée grisante jusqu'à la septième vitesse. Avec la Pagani Utopia Roadster, l'expérience de conduite retrouve quelque chose de pur, de viscéral et d'incontestablement analogique. Dans un univers de supercars et d'hypercars désormais dominé par l'automatisation, Horacio Pagani choisit au contraire de redonner toute leur place à ces petits plaisirs précieux qui transforment la conduite en émotion. Comme une grille de sélection manuelle associée à un levier à débattement court, qui aide à trouver le moment idéal pour changer de rapport, qu'il s'agisse de rétrograder à l'approche d'un virage ou de monter un rapport une fois le véhicule redressé en sortie de courbe. Cela peut sembler simple. Ce n'est absolument pas le cas. Concevoir une boîte de vitesses manuelle capable d'encaisser les 1 100 Nm de couple délivrés par le moteur V12 de l'Utopia constitue en soi un véritable exploit d'ingénierie. Pourtant, la technologie sophistiquée dissimulée sous les lignes intemporelles de chaque Pagani rend même cela possible, offrant une expérience de conduite qui évoque une autre époque, lorsque le champion des années 1950 Juan Manuel Fangio enchaînait les rapports un à un sur les lignes droites apparemment interminables du Nürburgring, réalisant l'une des remontées les plus célèbres de l'histoire de la Formule 1.
Le secret ? Tout dissimuler sous le capot. Le conducteur conserve la pureté de l'expérience, tandis que des systèmes discrets travaillent simultanément pour faire en sorte que le plaisir de conduite s'accompagne toujours d'un sentiment de confiance. Sur ce véhicule, ce rôle est assuré par le Cyber™ Tyre, la technologie introduite pour la première fois sur route avec Bosch et Pagani, sur l'Utopia Roadster. Des capteurs intégrés dans les pneumatiques alimentent des logiciels sophistiqués, qui interprètent les données via l'unité de contrôle du véhicule, laquelle pilote ensuite les systèmes d'assistance à la conduite. Le résultat est un système antiblocage des roues plus efficace, capable de réduire les distances de freinage ; un contrôle de traction qui réagit avec davantage de fluidité et de précision ; ainsi qu'un programme électronique de stabilité qui intervient avec une précision accrue. La sécurité est renforcée, sans diluer le plaisir de conduire.
Pour marquer l'arrivée d'une technologie qui redéfinit le rôle même du pneumatique, une Pagani Utopia Roadster a parcouru plus de 1 500 kilomètres, reliant physiquement les trois entreprises à l'origine de cette innovation : du siège de Pagani Automobili, près de Modène, à celui de Bosch, près de Stuttgart, avant de rejoindre Milan, où Pirelli est implanté depuis plus de 150 ans. Il ne s'agissait pas d'un essai. Le Cyber™ Tyre est déjà une technologie mature, prête à être déployée sur les véhicules premium et à accompagner l'évolution des véhicules définis par logiciel (software-defined vehicles), ouvrant à terme la voie à la conduite autonome. Ces véhicules seront sans doute moins analogiques que l'Utopia Roadster mais ils suivront le même chemin que cette remarquable fusion entre l'art et l'ingénierie.
Une innovation de cette ampleur ne s'improvise pas. Pirelli a consacré plus de vingt ans au développement de cette intégration du matériel et du logiciel, un système conçu pour renforcer la sécurité du véhicule sans jamais s'immiscer dans l'expérience de conduite. Cette révolution commence par le jumeau numérique du pneumatique : un équivalent virtuel capable « d'expliquer » son comportement aux systèmes électroniques embarqués du véhicule, qu'il s'agisse de ses limites d'adhérence, de ses conditions optimales de fonctionnement, de sa pression de gonflage ou de toutes les informations nécessaires pour affiner les systèmes de contrôle du véhicule et renforcer encore davantage la sécurité. Il s'agit, en quelque sorte, d'un sens du toucher né dans l'univers numérique. Les mêmes outils informatiques utilisés par les ingénieurs de Pirelli pour concevoir les pneumatiques dans un environnement virtuel sont à la base de l'ensemble du processus. D'autres systèmes informatiques avancés, issus des technologies aérospatiales, alimentent les simulateurs de conduite dans lesquels ces pneumatiques numériques sont testés. Au volant prennent place les mêmes pilotes qui travaillent ensuite sur circuit, dans un environnement virtuel si réaliste que les temps au tour enregistrés sans parcourir le moindre mètre correspondent précisément à ceux réalisés plus tard entre les vibreurs.
Grâce à ces mêmes technologies, Pirelli développe les pneumatiques des véhicules les plus rapides du monde, les monoplaces de Formule 1, en perfectionnant ses processus virtuels au gré des exigences de la compétition. L'innovation à ce niveau n'est jamais instantanée. Elle s'apprend et se façonne au fil des années grâce à la discipline, à l'imagination et à l'ambition. Tout comme lorsque Pirelli a commencé à imaginer que les pneumatiques pourraient jouer un rôle différent et plus central, en s'intégrant à un écosystème électronique alors naissant, dans un monde automobile encore fondamentalement analogique.